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De l'usage de l'informatique pour asseoir son pouvoir

De l'usage de l'informatique pour asseoir son pouvoir

De nos jours l'outil informatique est indispensable pour organiser et coordonner l'activité de toute structure. L'ADMR n'échappe pas à la règle et l'Union Nationale a créé une Société anonyme pour développer et administrer son système d'information. Le problème est que la qualité de ce service, que l'on veut imposer à toutes les fédérations et associations, n'est pas au rendez-vous et que la surveillance de l'union est à tous les coins de courriels.



La société NSI : Nouvelle société de services informatiques dont l'Union est actionnaire majoritaire a conçu des progiciels de gestion, Colibri, puis PHILIA dans le but d'orchestrer le développement de l'ensemble des logiciels nécessaires aux fédérations.


Colibri (Progiciel de gestion intégré) est un produit arrivé à maturité. S'il fonctionne correctement et répond plus ou moins à la majorité des problématiques des associations et fédérations ADMR, il présente le défaut de ne pas être disponible en application Web. Cela ne permet aucune inter-opérabilité avec d'autres logiciels du marché, son efficacité s'en trouve très diminué et, par ailleurs, son paramétrage initial très complexe oblige ses utilisateurs a recourir à la maintenance exclusive de NSI.

 

 


De nouveaux outils inadaptés et onéreux.

Philia, le nouveau produit « phare » de NSI, annoncé depuis 2006, est disponible depuis 2008, mais à ce jour, soit trois ans après sa mise sur le marché,  peu de fédérations l'ont adopté et seulement trois d'entre elles l'utiliseraient sur l’ensemble de leurs associations.

 

 

En fait Philia qui était annoncé comme un logiciel de planning sur le web à, peu à peu, été développé en un outil de gestion compliqué et inadapté de la relation client. Pour exemple la réalisation des plannings d’une petite association nécessite de lourds paramétrages initiaux avec un processus informatique complexe qui rend difficiles les nécessaires corrections manuelles et cela ne correspond pas à leur réalité d'activité. Conscient du problème, NSI annonce le développement de Philia prime, le même logiciel, mais plus simple, nous dit-on....


Voici le triste constat d'un logiciel dont les développements incessants sont certainement très coûteux pour NSI et on peut légitimement se demander qui va payer si les redevances clients ne couvrent pas les frais ?



Boites à lettres informatiques sous surveillance.

NSI a été créée pour s'occuper de toute la logistique informatique des structures, ce fameux système d'information (voir encadré à la fin de cet article). A ce titre, elle a en  charge la gestion du fonctionnement des adresses courriels marquées ADMR. Une mission qu'elle se devrait de remplir avec toutes les garanties de confidentialité requises pour toutes celles et tous ceux qui utilisent ses services.


Or, on s'est aperçu que ce n'était pas le cas. Ainsi les adresses email "partagées", donc visibles par tous les RSI (responsables du système d'information) des fédérations ADMR viennent de disparaître suite aux commentaires qu’échangeaient certains d'entre eux sur les difficultés rencontrées avec Philia. Dès lors la question se pose naturellement : l'Union Nationale souhaite-t-elle, en utilisant NSI (de quel droit?), maîtriser la communication intra fédérations ? La réponse est, en fait, positive selon un courrier officiel du Président lui même, Michel Tanfin, qui en réponse aux inquiétudes d'un membre du conseil d'administration national, met en évidence le fait que NSI pouvait lire les emails "ADMR".


Plus de modernisation possible sans l'Union.
 
Depuis 2008, l'Union Nationale ADMR a signé une convention avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) pour recevoir et gérer directement les fonds réservés à la modernisation des systèmes d'information, fonds qui étaient auparavant gérés et négociés par chaque fédération au niveau départemental. Cela représente la bagatelle de 4.5 millions d'euros.
Télécharger détail convention CNSA/UN selon l'UN.pdf

 

Télécharger la convention CNSA_de_partenariat_admr.pdf

 

Désormais, les Fédérations et les associations locales qui ont adopté les nouveaux statuts  et qui souhaitent se moderniser sont contraintes d'obtenir l'accord de l'Union Nationale. Voir l'article sur les nouveaux statuts


La réflexion vient immédiatement à l'esprit de tout responsable associatif : est-ce bien légitime de perdre toute sa capacité d'action, de développement et de modernisation en étant soumis (sans contractualisation) à des coûts d'équipements et de maintenance pour l'utilisation de produits, choisis ou développés par l'Union nationale, qui n'apportent ni le service ni la performance souhaités ?


Les associations et les fédérations financent l'Union sans le savoir.



Toujours dans la structuration du système d'information, NSI et l'Union Nationale essaient d'engager le déploiement des abonnements téléphoniques Orange sur l'ensemble des structures ADMR  le plus rapidement possible : pourquoi ?  Des économies d'échelle ? Pas vraiment si on en juge par les termes de l'accord-cadre signé par Jean Vernhet au nom de NSI avec Orange et, surtout par ce qui se trouve dans le texte non divulgué de son annexe 1.


Cet accord stipule notamment que le bénéficiaire (ndlr : la fédération départementale concernée) déclare avoir pris connaissance des dispositions de l’Accord-cadre et de ses annexes et les accepter sans réserve ; notamment, que les abonnements souscrits auprès de Orange France antérieurement à la signature de l’Accord-cadre soient automatiquement réengagés pour une période minimale de 36 mois à compter de la date de prise d’effet des présentes. »
 
« Avoir pris connaissance des annexes de l'accord », en théorie oui mais en pratique les fédérations n'ont pas connaissance des annexes dont la n°1.2 stipule pourtant : "Remise de fin d'année : Si le client NSI-ADMR atteint un parc minimum de 6000 lignes, à la première date anniversaire du présent Accord-Cadre, Orange France versera une remise de fin d'année de 5 pour cent (5%) du montant global de la facturation annuelle, NSI-ADMR bénéficiera de cette remise à chaque date d'anniversaire du présent Accord-cadre."


Télécharger contrat_voiX_nsi_orange_Fédération.jpg

Télécharger contrat_orange_nsi_annexe_1.pdf

 

 
C'est le principe, admis par certains, de ce qu'on appelle une marge arrière. Est-il normal cependant que l'Union nationale, sans rien dire à personne, reçoive une ristourne d'un fournisseur, en l’occurrence ici Orange, payé avec l'argent ponctionné aux fédérations et associations. Celles-ci ne préféreraient-elles pas avoir de meilleures conditions d'abonnements ? Qu'en pensent les autorités de tarification ?

Cette pratique des marges arrières sur le dos des Fédérations ne semble d'ailleurs pas être limitée au contrat Orange. Des fédérations qui cherchaient à négocier directement avec des fabricants de logiciels se sont entendus dire : "Nous vous conseillons de signer directement sans passer par votre Union Nationale, car après ce sera plus cher..."; "et pourquoi ?" "Parce qu'il y a des négociations entre votre UN et ma direction...".
Est-il nécessaire d'en dire plus ? Voir l'avis de Mirabelle ci-contre.



Qu'est-ce qu'un « système d'information »

Dans le langage informatique un système d'information (SI) est un ensemble organisé de ressources (matériels, logiciels, personnel, données et procédures) qui permet de regrouper, de classifier, de traiter et de diffuser de l'information sur un environnement donné, donc de savoir ce qui se passe, qui fait quoi et comment. C'est un outil pour coordonner les activités de l'organisation et lui permettre ainsi d'atteindre ses objectifs


 

Mis en ligne le 20 octobre 2011

 


 



 

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L'avis de Mirabelle

Au regard de l'énergie mise en oeuvre par l'UN pour le développement de ses nouveaux produits via NSI, nul doute que les enjeux sont majeurs mais pas seulement pour un meilleur fonctionnement des structures.

Le premier des objectifs est probablement stratégique si l'on s'en réfère à l'adage "qui tient l'outil tient le pouvoir". Dès lors que l'Union Nationale, via son serveur central, disposera de toutes les bases de données, ne court-on pas le risque que l'organisation soit de plus en plus centralisée en faisant fi des orientations fédérales ?

L'autre objectif est à l'évidence financier (voir les comptes des filiales, voir article : "de l'associatif au lucratif") d'autant que les fonds CNSA ne sont pas réorientés à l'intérieur du réseau en toute transparence. La main mise sur ces fonds se justifie officiellement par le besoin de faire des économies d'échelle, une indispensable mutualisation des moyens et un besoin d'uniformiser les outils. Propagande ou réalité ?

Forts de nos valeurs associatives nous souhaitons que l'autonomie des choix fédéraux soit maintenue, en clair que nous ne soyons pas contraints d'utiliser les outils NSI. Nous souhaitons plus de transparence dans la redistribution des "fonds de modernisation". Plus largement nous déplorons la mise en oeuvre de pratiques telles que les marges arrières, les tentatives de rachat des petits logiciels développés localement, le contrôle des emails ou la déstabilisation des fédérations qui n'utilisent pas les outils NSI.



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Le site Mirabelle a pour but de favoriser l’information entre les fédérations et les associations de services d’aide à domicile désireuses : de favoriser l’intérêt général dans le développement et le fonctionnement de leurs activités, de préserver les fondements de la vie associative dans la gouvernance de leurs structures et  de développer la qualité de service des activités et leur déontologie.

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